Et on trouvait que mon père était malheureux. Il est en train de chercher ses héritiers, sa femme ne lui ramène que des filles, il a même fait une escapade conjugale qui lui a ramené encore une fille. Donc le pauvre. Et puis finalement, nous, on était enfants, mais on avait commencé, nous aussi, à la limite, prier et espérer qu’il ait enfin ses héritiers.
Parce que nous, on n’était pas…
on faisait tout pour lui plaire,
on faisait tout pour lui faire plaisir.
On était ce qu’on peut appeler des enfants modèles. Mais ça ne suffisait pas, et donc on entendait : “toi tu es qui ? Toi, tu n’es qu’une fille”.
Mais quand un enfant entend cela toute sa vie, l’enfant finit par intégrer cela, au point où l’enfant pense que c’est ce qui est normal.
Je suis une fille, je ne suis rien,
parce que c’est ce qu’elle a entendu toute sa vie.
Et je peux vous dire que finalement, on se dit que c’est un tort, alors quand on y ajoute toutes les violences qui sont subies par une petite fille simplement parce qu’elle est une fille, on se dit effectivement c’est à croire qu’on me demande de me repentir d’être née avec un sexe féminin que je n’ai pas choisi, mais que je suis fière de porter quand même aujourd’hui » .
Écrivaine, docteure en genre et développement, conférencière sur les questions concernant les droits des femmes, les violences faites aux femmes et aux filles, coach pour les femmes leaders, Officier dans l’Ordre du mérite ivoirien, auteure de « La femme de mes rêves », Georgette Zamblé a accordé une interview à Culturenoushi dans laquelle elle partage son parcours, son oeuvre et ses ambitions pour la femme.
