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Prix littéraires : la Côte d’Ivoire progresse dans le top 10 des prix littéraires les plus dotés en Afrique

Le monde du livre ivoirien connaît une petite révolution caractérisée par l’augmentation des dotations des prix littéraires. Des organisateurs de concours, des partenaires ou mécènes culturels ont décidé d’alourdir les cagnottes accompagnant les récompenses. Des montants qui, autrefois, tournaient entre 1 et 3 millions maximum ont considérablement augmenté. Après le Nigeria, le Sénégal et le Maroc, vient désormais la Côte d’Ivoire dans le classement des prix littéraires les plus dotés en Afrique. À présent, on peut se permettre de dire qu’en Côte d’Ivoire, « Y a lahan dedans ».

L’année 2026 aura été une année où la littérature ivoirienne a connu beaucoup de succès et bénéficie de changements positifs. En plus des prix littéraires glanés à l’étranger par les auteurs ivoiriens, de la création d’un prix littéraire dédié aux clubs de lecture, du record historique d’affluence et du chiffre d’affaires du SILA, 2026 a aussi été marquée par un autre fait important : la revalorisation des distinctions nationales et privées.

Tous les prix littéraires nationaux organisés par le ministère de la Culture et de la Francophonie ont été revalorisés à partir de cette année. Le lauréat du Grand Prix National Bernard Dadié de la littérature a reçu 5 millions de francs CFA au lieu des 3 millions habituels. La mise du Prix Bernard Dadié du jeune écrivain a grimpé à 2 millions au lieu de 1. Le Prix Jeanne de Cavally pour la littérature enfantine, de 500 mille francs CFA, est passé à 1 million.

Certains promoteurs privés ont aussi annoncé des augmentations pour les prochaines éditions. Le Prix Jean-Marie Adiaffi en est un exemple. Lors de la soirée de distinction, le 17 avril 2026, Dr Philippe Ibitowa, parrain du prix, en doublant la cagnotte du prix séance tenante, avait annoncé que le montant passerait à 2 millions dès avril 2027.

L’on se demande si l’écrivain Tiburce Koffi, lauréat de cette deuxième édition du concours Jean-Marie Adiaffi, n’aurait pas influencé cette augmentation du montant par sa posture vis-à-vis des prix littéraires. Pour un rappel des faits, Tiburce Koffi est le seul écrivain ivoirien à avoir dénoncé ouvertement la faiblesse des dotations des prix littéraires en Côte d’Ivoire.

En 2022, alors lauréat du Grand Prix National Bernard Dadié de la littérature, Tiburce avait refusé le chèque d’un million de francs CFA qui accompagnait son trophée. Faisant une comparaison avec les concours de beauté où les lauréats gagnent plus de 20 millions, il estime qu’un million pour un prix littéraire est un manque de considération. Et de surcroît, pour un prix rendant hommage à celui qui est considéré comme le père de la littérature ivoirienne. Depuis cet épisode, le prix Grand Dadié a connu une évolution. Dès 2024, il est passé à 3 millions de francs CFA. Bien que l’enjeu des prix littéraires ne soit pas uniquement financier, il faut reconnaître qu’une enveloppe épaisse accompagnant les honneurs, le prestige et le respect des pairs, ce n’est pas anodin. 

Pour ce que les chiffres représentent dans toutes les civilisations, cette revalorisation aura une conséquence directe sur la valeur et le prestige des distinctions concernées.

Cela pourrait être aussi un levier pour attirer plus de prétendants aux prix, révéler de nouveaux talents, faire couler plus d’encre et surtout accroître le dynamisme que connaît déjà la littérature ivoirienne.

Dans un article publié le 29 mars 2026, intitulé   « Top 10 des prix littéraires les mieux dotés d’Afrique », dans lequel la Côte d’Ivoire occupait la 6ᵉ place, derrière l’Afrique du Sud et l’Algérie, cette dernière figurant à la 4ᵉ place avec une dotation de 4,5 millions de francs CFA. Quelques mois plus tard, avec la revalorisation de plusieurs prix, la Côte d’Ivoire pourrait bien avoir gagné quelques places. Une manière de mesurer le chemin parcouru en si peu de temps.