Environ 60 millions de francs CFA, soit $100 000, c’est la somme qui récompense le lauréat de « The Nigeria Prize for Literature (NLNG) ». C’est la plus grosse enveloppe pour un prix littéraire du continent. Avec ce montant, le Nigeria occupe la tête de liste des pays africains ayant les prix littéraires les mieux rémunérés. Ce montant positionne également le pays 8e à l’échelle mondiale. Le Sénégal occupe la deuxième place avec 20 millions de francs CFA pour le Grand Prix du Chef de l’État pour les Lettres. Il est suivi par le Maroc, dont le Prix du Maroc du Livre est doté de 120 000 dirhams (environ 12 millions de francs CFA). L’Algérie est quatrième avec le Grand Prix Assia Djebar du roman, 1 000 000 de dinars algériens (environ 4,5 millions de francs CFA). L’Afrique du Sud arrive au 5e rang avec les Sunday Times Literary Awards, dont la dotation est de 100 000 rands (environ 3,2 millions de francs CFA).
La Côte d’Ivoire occupe le 6e rang avec 3 millions de francs CFA pour le Grand Prix National Bernard Dadié. Le Mali et la Tunisie se partagent la 7e place avec des récompenses estimées à 2 millions de francs CFA pour le Prix Comar d’Or (Tunisie) et le Prix Massa Makan Diabaté (Mali). Le Kenya, au 8e rang, offre environ 1,35 million de francs CFA (300 000 shillings) pour le Jomo Kenyatta Prize for Literature. L’Égypte se positionne à la 9e place avec une dotation d’environ 1,25 million de francs CFA (soit 3 000 $) pour le Prix Naguib Mahfouz. Enfin, le Grand Prix Littéraire du Bénin clôture cette liste avec une cagnotte d’un million de francs CFA.
Le gain matériel en plus de l’excellence
Il est important de souligner l’importance et les enjeux des distinctions. Elles jouent un rôle significatif dans tous les domaines d’activités. Dans le paysage littéraire, les prix consacrent les œuvres, orientent les carrières et participent à la visibilité internationale des auteurs. Mais au-delà de tous ces aspects immatériels, du prestige et de l’excellence qu’ils confèrent, l’aspect matériel gagne de plus en plus de terrain. Les cagnottes de nombreux prix littéraires rivalisent aujourd’hui avec celles des plus grandes distinctions du monde des arts et du divertissement. On perçoit une volonté de rééquilibrer les gains entre les concours de divertissement et ceux dédiés à la littérature, à travers l’implication des sponsors et l’indignation des acteurs, qui suscite parfois débats et polémiques.
Il a dit non à 1 million de francs pour le Prix Bernard Dadié
En 2022, l’écrivain ivoirien Tiburce Koffi avait soulevé la polémique en refusant le million accompagnant le Grand Prix National Bernard Dadié. Il a estimé que ce montant ne reflétait pas le prestige ni la grandeur de ce prix consacré au père de la littérature ivoirienne. Depuis quelques années, à la suite de telles réactions et grâce à l’appui de mécènes, on remarque en Côte d’Ivoire une nette augmentation de la dotation de plusieurs récompenses nationales. À titre d’exemple, le Grand Prix National de Littérature Bernard Dadié qui était un million de francs CFA, est passé à 3 millions depuis 2024. Le Prix Ivoire est aussi passé à 2 millions, celui du Prix Bernard Dadié du jeune écrivain est passé de 500 mille à 1 million. Longtemps délaissée au profit d’autres formes de divertissement, la hausse des dotations pourrait enfin mettre un terme à la précarité de ses acteurs. Ce rééquilibrage financier offre aux écrivains une reconnaissance à la hauteur de leur prestige.
