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	<title>Interviews/Portaits Archives - CultureNoushi</title>
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	<title>Interviews/Portaits Archives - CultureNoushi</title>
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		<title>« Les Femmes qui lisent » : cinq années de travail récompensées par le Prix national du meilleur club de lecture</title>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Sep 2026 11:55:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Interviews/Portaits]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les clubs de lecture contribuent fortement au dynamisme du secteur du livre en Côte d’Ivoire et ailleurs. À travers des rencontres physiques</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les clubs de lecture contribuent fortement au dynamisme du secteur du livre en Côte d’Ivoire et ailleurs.</strong> À travers des rencontres physiques ou en ligne, ils participent à donner de la visibilité aux œuvres, ce qui se répercute directement sur les ventes. Depuis quelques années, les clubs sont passés de simples regroupements de passionnés à des acteurs essentiels dans la chaîne du livre. Chacun des clubs évolue selon un modèle et des objectifs qui lui sont propres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi ces clubs, <strong>« Les Femmes qui lisent »</strong> se distingue par sa cible et son objectif : lire pour transformer des femmes. Ce club est très engagé dans la promotion de la lecture auprès des femmes en Côte d’Ivoire et sur plusieurs continents. Créé en 2021, il compte à ce jour plus de 300 membres dans le monde. Cette importante communauté illustre la dimension remarquable du club, car en Côte d’Ivoire, il est rare de trouver des clubs de lecture qui comptent plus de 50 membres et actifs. Selon Honorine Kadjo, présidente-fondatrice du club Les Femmes qui lisent (FQL), ses membres achètent <strong><em>« 750 livres </em></strong>par an en moyenne, soit un montant estimé à <em><strong>cinq millions de francs CFA </strong></em>par an ». Ces chiffres représentent une contribution significative au marché du livre ivoirien. Honorine Kadjo souligne également : « Il arrive parfois que nous provoquions des ruptures de stock sur les livres que nous choisissons de lire avant nos rencontres. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">En plus des activités de lecture, Les Femmes qui lisent mène des actions sociales en faveur du livre à travers des dons d’ouvrages dans des bibliothèques et des écoles de plusieurs villes de l’intérieur de la Côte d’Ivoire. Grâce à toutes ces initiatives, le club FQL a reçu le Prix national du meilleur club de lecture 2026. Doté d’un million de francs CFA, le prix a été décerné le mardi 28 avril 2026 au Salon international du livre d’Abidjan (SILA), au Parc des expositions. Cette nouvelle distinction littéraire, introduite par le ministère de la Culture et de la Francophonie, vise à encourager les clubs et à souligner leur valeur dans l’écosystème du livre ivoirien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quatre mois après cette reconnaissance nationale, <strong><em>CultureNoushi</em></strong> est allé à la rencontre de trois représentantes du club FQL : <em>Honorine Kadjo</em>, fondatrice du club, <em>Sarah Touré</em>, chargée de l’organisation des événements, et <em>Karène Dadié</em>, chargée des projets du club. Trois femmes très occupées professionnellement, mais qui, lorsqu’il est question du club, trouvent les moyens de se libérer pour s’y consacrer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Interrogée sur le choix de faire des femmes la cible exclusive du club, Karène Dadié explique que Les Femmes qui lisent est né d’un échec en 2020, pendant la pandémie de Covid-19.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Honorine avait créé un premier club de lecture mixte en 2020, mais ça n’a pas marché, parce que les hommes n’interagissaient pas beaucoup par rapport aux femmes. » Donc, elle a réorienté sa cible pour se concentrer sur les femmes. Depuis lors, l’autonomie des femmes à travers la lecture et des échanges inspirants est le leitmotiv d’Honorine Kadjo : « L’un de mes rêves, c’est de voir les femmes devenir autonomes. C’est un mantra qui guide la plupart de mes décisions. » Mue par sa passion pour la lecture et sa volonté de doter les femmes de compétences sociales et professionnelles, elle a fondé avec des amies « Les Femmes qui lisent », un espace de rencontre dédié aux femmes, où elles peuvent apprendre, se former, partager des lectures et des expériences de vie, et s’inspirer. Un lieu où elles abordent des sujets intimes, sans tabou ni jugement. Au fil des années et des rencontres, le club a tissé des liens entre auteurs et lecteurs, mis en avant des livres, stimulé le marché du livre et renforcé les capacités des femmes grâce à la lecture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Sarah Touré, ce couronnement est un accomplissement pour le club. Elle avance que depuis le début de l’aventure, la fondatrice n’a jamais perçu les FQL comme une petite structure : « Elle a vu les choses en grand. » Grâce à cette vision, elle a mobilisé les autres femmes du club à s’impliquer davantage pour en faire ce qu’il est aujourd’hui. Désormais, c’est un sentiment de fierté qui anime les membres, mais aussi une sorte de pression pour multiplier les actions ou préserver les acquis. Aux dires des trois femmes, « les membres ne croyaient pas vraiment en leur chance face aux autres clubs qui participaient au concours. » Bien que Les Femmes qui lisent soit un club structuré, que les rencontres se tiennent régulièrement, qu’il reçoive du monde et provoque parfois des ruptures de stock, elles estiment que leur club était quasiment absent des réseaux sociaux et des autres canaux de communication. Ce qui n’était pas le cas des autres clubs de lecture. « Au départ, on n’était pas rassurés parce qu’il y avait de grands noms. Après, on s’est dit : on y va quand même. Tout ce qu’on a à perdre, c’est d’avoir participé », explique Karène Dadié. Depuis ce sacre, « Les Femmes qui lisent » a considérablement gagné en visibilité. Les demandes d’adhésion ont doublé, tout comme les sollicitations des acteurs du livre (auteurs, éditeurs) locaux et internationaux. Une dynamique qui renforce la confiance du club à poursuivre sa mission auprès des femmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Honorine Kadjo, beaucoup a été fait, mais il y a encore du chemin à parcourir : « Nous continuons notre mission auprès de notre cible, c’est-à-dire les femmes. »</p>
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		<item>
		<title>Dramane BOARÉ, fondateur des Classiques ivoiriens : « Pour créer un public de lecteurs, il fallait renforcer la production de la littérature jeunesse. »</title>
		<link>https://culturenoushi.com/2026/08/28/dramane-boare-fondateur-des-classiques-ivoiriens-pour-creer-un-public-de-lecteurs-il-fallait-renforcer-la-production-de-la-litterature-jeunesse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Aug 2026 18:12:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Interviews/Portaits]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après 17 ans dans le monde de l’édition au sein de l’une des maisons d’édition pionnières en Côte d’Ivoire, Dramane BOARÉ décide</p>
<p>The post <a href="https://culturenoushi.com/2026/08/28/dramane-boare-fondateur-des-classiques-ivoiriens-pour-creer-un-public-de-lecteurs-il-fallait-renforcer-la-production-de-la-litterature-jeunesse/">Dramane BOARÉ, fondateur des Classiques ivoiriens : « Pour créer un public de lecteurs, il fallait renforcer la production de la littérature jeunesse. »</a> appeared first on <a href="https://culturenoushi.com">CultureNoushi</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Après 17 ans dans le monde de l’édition au sein de l’une des maisons d’édition pionnières en Côte d’Ivoire, Dramane BOARÉ décide de voler de ses propres ailes en 2004. Il fonde avec des collaborateurs sa maison d’édition, « Les Classiques ivoiriens ». Un challenge dont il avait besoin, dit-il, pour changer d’air.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette jeune maison d’édition, naît dans l’écosystème à une époque où le pays comptait à peine une dizaine de maisons d’édition. Elle s’est progressivement imposée dans le paysage ivoirien en s’appuyant sur le créneau de la littérature jeunesse et scolaire. Les Classiques ivoiriens se sont démarqués avec un catalogue riche et varié dans le genre jeunesse avec des auteurs nationaux et internationaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une interview accordée à CultureNoushi, le fondateur a expliqué les raisons de ce choix éditorial. Il dit que c’est une façon, pour sa maison d’édition, de répondre au désintérêt des enfants et des adultes pour la lecture. Selon BOARÉ, il entend régulièrement dire, dans les salons, les festivals et les discours, que « les gens ne lisent pas », surtout les Africains. Mais si l’on tient compte de facteurs tels que le faible taux d’instruction des générations précédentes, ce constat peut s’expliquer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Partant de ce constat, BOARÉ estime que, si l’on veut créer un public de lecteurs et susciter le goût de la lecture, il faut renforcer la production d’ouvrages de littérature jeunesse. « Il faut qu’on inculque à nos jeunes l’habitude de la lecture. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 22 ans d’existence, la maison d’édition a publié plus de 400 titres, mêlant littérature jeunesse, scolaire et générale.</p>
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		<item>
		<title>Prix Madeleine Tchicaya des lycéens 2026 : Aminata s’illustre avec deux distinctions dans deux catégories différentes</title>
		<link>https://culturenoushi.com/2026/07/15/prix-madeleine-tchicaya-des-lyceens-2026-aminata-remporte-deux-prix-dans-deux-categories-differentes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Jul 2026 17:56:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Interviews/Portaits]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Je veux que mon nom apparaisse dans l’histoire des écrivains de Côte d’Ivoire. » C’est par ces mots qu’Aminata Sanogo clôt</p>
<p>The post <a href="https://culturenoushi.com/2026/07/15/prix-madeleine-tchicaya-des-lyceens-2026-aminata-remporte-deux-prix-dans-deux-categories-differentes/">Prix Madeleine Tchicaya des lycéens 2026 : Aminata s’illustre avec deux distinctions dans deux catégories différentes</a> appeared first on <a href="https://culturenoushi.com">CultureNoushi</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><b style="font-family: &quot;Helvetica Neue&quot;; font-size: 13px; color: var(--nv-text-color);">« Je veux que mon nom apparaisse dans l’histoire des écrivains de Côte d’Ivoire. » C’est par ces mots qu’<em>Aminata Sanogo</em> clôt son interview avec <em>CultureNoushi</em>. À 17 ans, Aminata, élève en situation de handicap, fait une entrée remarquable dans le palmarès du Prix littéraire Madeleine Tchicaya des lycéens. Par deux fois, le nom de la jeune lycéenne a retenti au moment de la proclamation des résultats, le vendredi 17 avril 2026. Elle a été désignée lauréate dans la catégorie Nouvelle et dans la catégorie Théâtre.</b><br><p style="margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; font-style: normal; font-variant-caps: normal; font-stretch: normal; font-size: 13px; line-height: normal; font-family: &quot;Helvetica Neue&quot;; font-size-adjust: none; font-kerning: auto; font-variant-alternates: normal; font-variant-ligatures: normal; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-variant-position: normal; font-feature-settings: normal; font-optical-sizing: auto; font-variation-settings: normal; min-height: 15px;"></p><br><p style="margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; font-style: normal; font-variant-caps: normal; font-stretch: normal; font-size: 13px; line-height: normal; font-family: &quot;Helvetica Neue&quot;; font-size-adjust: none; font-kerning: auto; font-variant-alternates: normal; font-variant-ligatures: normal; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-variant-position: normal; font-feature-settings: normal; font-optical-sizing: auto; font-variation-settings: normal;"><b>Trois mois après son sacre, l’équipe de CultureNoushi est allée à sa rencontre. Samedi 11 juillet, Abidjan, Koumassi, quartier Kahira : nous sommes au domicile de la famille Sanogo. Aminata, « la star du jour », comme l’appelle sa mère, nous ouvre la porte. Dès l’entrée, ses deux distinctions, accrochées près de la fenêtre donnant sur le balcon, sont visibles. Sa mère vérifie qu’elle a fini ses tâches du jour avant l’entretien : exercices physiques de rééducation, lecture, petit déjeuner. Ces exercices de rééducation font partie du quotidien de la jeune lycéenne, qui poursuit sa scolarité avec la même détermination malgré son handicap. </b></p></p>



<p class="wp-block-paragraph"><p style="margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; font-style: normal; font-variant-caps: normal; font-stretch: normal; font-size: 13px; line-height: normal; font-family: &quot;Helvetica Neue&quot;; font-size-adjust: none; font-kerning: auto; font-variant-alternates: normal; font-variant-ligatures: normal; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-variant-position: normal; font-feature-settings: normal; font-optical-sizing: auto; font-variation-settings: normal;"><b>Madame Sanogo est aux petits soins pour son enfant. Une mère fière qui ne le cache pas : « Elle travaille bien à l’école, elle fait ma fierté aujourd’hui. Je remercie Dieu pour tout. » Maman Sanogo décroche les distinctions du mur et nous les dispose pour le cadre de l’interview. Notre championne s’installe dans le canapé. Désormais : silence, plateau… Ça tourne ! Les premières minutes sont timides. Au bout de trois essais, Aminata s’habitue à l’ambiance, aux regards qui sont désormais tournés vers elle. La jeune fille se dévoile.</b></p><br><p style="margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; font-style: normal; font-variant-caps: normal; font-stretch: normal; font-size: 13px; line-height: normal; font-family: &quot;Helvetica Neue&quot;; font-size-adjust: none; font-kerning: auto; font-variant-alternates: normal; font-variant-ligatures: normal; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-variant-position: normal; font-feature-settings: normal; font-optical-sizing: auto; font-variation-settings: normal; min-height: 16px;"><b style="color: var(--nv-text-color);">La lecture et l’écriture sont ses passions, et ce depuis un certain temps. « Depuis un certain moment, j’aime la lecture et j’aime l’écriture. » De la maison à l’école, Aminata évolue dans deux environnements favorables à son épanouissement. En classe de seconde, elle prend part aux ateliers d’écriture qu’organise son école. À la maison, elle bénéficie de la complicité de sa sœur aînée, qui lui sert de bêta-lectrice et de correctrice de ses textes. « Grâce aux ateliers d’écriture que mon école organise, j’imagine des histoires et je les écris. J’ai ma grande sœur qui m’aide. Elle les lit et corrige les fautes pour moi. </b></p></p>



<p class="wp-block-paragraph"><p style="margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; font-style: normal; font-variant-caps: normal; font-stretch: normal; font-size: 13px; line-height: normal; font-family: &quot;Helvetica Neue&quot;; font-size-adjust: none; font-kerning: auto; font-variant-alternates: normal; font-variant-ligatures: normal; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-variant-position: normal; font-feature-settings: normal; font-optical-sizing: auto; font-variation-settings: normal; min-height: 16px;"><b style="color: var(--nv-text-color);">Depuis que j’ai remporté ces deux concours, on me prend comme un exemple, un modèle dans mon établissement. Pour garder cette exemplarité, je continuerai à travailler et à étudier. Le 17 avril, c’est avec beaucoup de fierté que j’ai reçu les prix. Mes parents étaient présents. Ils étaient tous contents et fiers de moi. Ma maman a pleuré de joie. Je ne savais pas comment contenir cette joie. L’objectif que je me suis fixé après ce concours, c’est de continuer à écrire, car je veux que mon nom apparaisse dans l’histoire des écrivains de Côte d’Ivoire. »</b></p><br><p style="margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; font-style: normal; font-variant-caps: normal; font-stretch: normal; font-size: 13px; line-height: normal; font-family: &quot;Helvetica Neue&quot;; font-size-adjust: none; font-kerning: auto; font-variant-alternates: normal; font-variant-ligatures: normal; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-variant-position: normal; font-feature-settings: normal; font-optical-sizing: auto; font-variation-settings: normal; min-height: 16px;"><b style="color: var(--nv-text-color);">Confiante et déterminée, Aminata Sanogo met aujourd’hui ses vacances à profit en les consacrant à la lecture et aux exercices préparatoires pour son entrée en classe de première.</b></p><br><p style="margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; font-style: normal; font-variant-caps: normal; font-stretch: normal; font-size: 13px; line-height: normal; font-family: &quot;Helvetica Neue&quot;; font-size-adjust: none; font-kerning: auto; font-variant-alternates: normal; font-variant-ligatures: normal; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-variant-position: normal; font-feature-settings: normal; font-optical-sizing: auto; font-variation-settings: normal; min-height: 15px;"></p><br></p>
<p>The post <a href="https://culturenoushi.com/2026/07/15/prix-madeleine-tchicaya-des-lyceens-2026-aminata-remporte-deux-prix-dans-deux-categories-differentes/">Prix Madeleine Tchicaya des lycéens 2026 : Aminata s’illustre avec deux distinctions dans deux catégories différentes</a> appeared first on <a href="https://culturenoushi.com">CultureNoushi</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>HYACINTHE KAKOU (10 septembre 1953 – 27 juin 2020) — SIX ANS APRÈS : « On se chamaille pour un siège » : la victoire de l’œuvre sur l’oubli</title>
		<link>https://culturenoushi.com/2026/06/27/hyacinthe-kakou-10-septembre-1953-27-juin-2020-six-ans-apres-on-se-chamaille-pour-un-siege-la-victoire-de-loeuvre-sur-loubli/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Jun 2026 10:45:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Interviews/Portaits]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Six années se sont écoulées depuis que le rideau est tombé sur la vie d’Hyacinthe Kakou. Six années déjà que s’est éteinte</p>
<p>The post <a href="https://culturenoushi.com/2026/06/27/hyacinthe-kakou-10-septembre-1953-27-juin-2020-six-ans-apres-on-se-chamaille-pour-un-siege-la-victoire-de-loeuvre-sur-loubli/">HYACINTHE KAKOU (10 septembre 1953 – 27 juin 2020) — SIX ANS APRÈS : « On se chamaille pour un siège » : la victoire de l’œuvre sur l’oubli</a> appeared first on <a href="https://culturenoushi.com">CultureNoushi</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Six années se sont écoulées depuis que le rideau est tombé sur la vie d’Hyacinthe Kakou. Six années déjà que s’est éteinte une voix singulière de la scène intellectuelle et artistique ivoirienne. </strong>Pourtant, le temps, ce grand effaceur de mémoires, semble avoir échoué devant l’empreinte laissée par cet homme dont l’existence fut tout entière consacrée à la création, à la transmission et à l’exigence de l’esprit. Poète, dramaturge, amateur de photographie, administrateur culturel, pédagogue attentif et intellectuel discret, Hyacinthe Kakou appartenait à cette catégorie rare d’hommes dont l’œuvre dépasse largement la personne. Il ne recherchait ni les projecteurs ni les clameurs de la célébrité. Son royaume était celui des mots, de la réflexion et de la création.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers ses pièces de théâtre, il avait choisi de faire du rire une arme de lucidité. Chez lui, l’humour n’était jamais une simple distraction. Il constituait un instrument d’analyse sociale, une manière subtile de mettre à nu les contradictions humaines et les travers de la cité. Dans son univers dramatique, le spectateur riait souvent avant de comprendre qu’il était lui-même l’objet de la satire. Des œuvres comme «On se chamaille pour un siège» ou «Le Fou du carrefour» demeurent aujourd’hui encore d’une étonnante actualité. Elles témoignent de cette capacité qu’avait l’auteur à saisir les permanences du pouvoir, les fragilités de la démocratie et les ambiguïtés des comportements humains. Le théâtre devenait alors un miroir dans lequel la société ivoirienne pouvait contempler ses grandeurs comme ses faiblesses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le critique littéraire Auguste Gnalehi évoquait avec émotion cette disparition dont la douleur demeure intacte : « Chaque souvenir de lui ravive une douleur sourde — comme une main invisible qui serre le cœur, lentement, sans jamais vraiment relâcher son étreinte. Hyacinthe avait cette chaleur rare, cette lumière douce qui réchauffait les âmes même dans les jours les plus sombres. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces mots traduisent ce que beaucoup de ses proches ont ressenti : la perte d’un homme dont la présence rassurante et la bienveillance silencieuse constituaient une richesse humaine aussi précieuse que son héritage intellectuel. Alain Tailly, qui le surnommait affectueusement « le Magister », voyait en lui davantage qu’un écrivain : un maître, un passeur de savoirs, un homme dont l’érudition n’avait d’égale que l’humilité. Cette dimension magistrale de l’homme transparaît également dans les témoignages de ceux qui l’ont côtoyé. Le critique littéraire Zacharie Acafou résume admirablement la singularité de son œuvre lorsqu’il écrit : « Le subtil, l’exigeant Hyacinthe Kakou laisse une œuvre vertigineuse, d’une érudition iconoclaste, hantée par la monstruosité de la politique ivoirienne. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rarement formule aura aussi justement saisi la nature profonde de cette production littéraire. Car Hyacinthe Kakou n’observait pas seulement son époque : il l’interrogeait, la disséquait, la mettait en accusation lorsque cela devenait nécessaire. Son écriture portait cette inquiétude fondamentale face aux dérives du pouvoir et aux renoncements des hommes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais au-delà de l’écrivain, c’est aussi l’homme que beaucoup pleurent encore. L’écrivain Sophos Le Poète Zao, méditant sur la disparition de son ami, confiait une réflexion bouleversante inspirée de l’épopée de Gilgamesh : « Vais-je mourir moi aussi ? » Question universelle qui traverse toutes les civilisations et qui prend une résonance particulière lorsque disparaissent ceux qui semblaient destinés à demeurer parmi nous. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Car la mort d’un créateur ne renvoie jamais seulement à son absence ; elle rappelle à chacun sa propre fragilité et l’incertitude du lendemain. Cette méditation trouve un écho dans l’hommage rendu par le journaliste et écrivain Serge Bilé. Évoquant leur collaboration autour d’une comédie musicale consacrée à Félix Houphouët-Boigny, il se souvenait des longues heures de travail partagées et du projet demeuré inachevé :</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Avec toi, Hyacinthe, c’est l’un des meilleurs écrivains ivoiriens qui disparaît. Mais ton œuvre te survivra éternellement et continuera d’être étudiée et jouée. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette affirmation apparaît aujourd’hui comme une évidence. Car six ans après sa disparition, Hyacinthe Kakou continue d’habiter les scènes, les bibliothèques, les salles de classe et les mémoires. Ses personnages poursuivent leur existence. Ses répliques continuent d’interroger les consciences. Ses textes demeurent des instruments de compréhension du présent. Là réside sans doute la véritable victoire de l’écrivain sur la mort. Les hommes passent. Les œuvres demeurent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et lorsqu’une œuvre parvient à éclairer plusieurs générations, lorsqu’elle continue de susciter le rire, la réflexion et le débat longtemps après la disparition de son auteur, alors celui-ci n’est jamais tout à fait parti. Six ans après son décès, Hyacinthe Kakou appartient désormais à cette lignée d’intellectuels dont la présence se mesure moins à leur existence biologique qu’à la fécondité de leur héritage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son siège est resté vide. Mais sa parole, elle, continue de circuler. Et tant que des lecteurs ouvriront ses livres, tant que des comédiens feront vivre ses personnages, tant que des citoyens trouveront dans ses textes matière à réfléchir sur leur temps, Hyacinthe Kakou continuera d’habiter notre mémoire collective. Les grands écrivains ne meurent jamais complètement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils deviennent des voix que le temps ne parvient plus à faire taire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par Sem David Goli</p>
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		<title>Frédéric Grah Mel, biographe de Felix Houphouët-Boigny, d’Henri Konan Bédié et de Marcel Treich-LAPLÈNE : « Il ne faut pas laisser nos personnalités mourir après leur mort naturelle »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Jun 2026 13:36:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Interviews/Portaits]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Tirer les personnalités marquantes de l’oubli est tel un sacerdoce pour Frédéric Grah Mel. Selon ses propres mots, qu’on retrouve dans l’avant-propos</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Tirer les personnalités marquantes de l’oubli est tel un sacerdoce pour Frédéric Grah Mel. Selon ses propres mots, qu’on retrouve dans l’avant-propos du premier tome de la biographie du président <em>Félix Houphouët-Boigny</em>, l’auteur souligne qu’il s’est engagé dans l’écriture biographique par « devoir de mémoire ». Il estime que les personnalités africaines, bonnes ou mauvaises, ne devront pas mourir pour toujours. « Il ne faut pas les laisser mourir après leur mort naturelle. » </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Journaliste et biographe de personnalités politiques, culturelles et religieuses, Grah Mel est l’auteur de la biographie de <strong>Marcel Treich-Laplène</strong>, <em>le précurseur de la Côte d’Ivoire</em>, du fondateur de la revue et de la maison d’édition Présence Africaine, <strong>Alioune Diop</strong>, <em>le bâtisseur inconnu du monde noir</em>, du cardinal <strong>Bernard Yago</strong> : <em>la passion de l’Église, le service de la cité</em>, de <strong>Félix Houphouët-Boigny </strong>en trois tomes et <strong>d’Henri Konan Bédié</strong>. Et depuis 2017, il travaille sur celle de Philippe Grégoire Yacé, une figure marquante de la vie politique en Côte d&rsquo;Ivoire. Dans cet entretien qu’il a accordé à CultureNoushi le mardi 23 juin 2026, le biographe nous partage sa passion pour son genre littéraire, ses ambitions de vulgariser le genre de la biographie en Afrique afin de susciter l&rsquo;interêt des auteurs africains pour la biographie et créer des conditions pour faciliter les recherches en documentation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>CultureNoushi : Dès l’entame de notre conversation, vous avez dit qu’écrire de la biographie demande un peu de moyens. La biographie du président Félix Houphouët-Boignyvous a pris 12 ans et a coûté 150 millions de francs CFA. Est-ce que ce n’est pas cela qui freine un peu les auteurs africains et les empêche de s’engager dans ce genre ?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>F. Grah Mel :</strong> Je ne le pense pas. Moi, je me suis rendu compte du temps que prend ce travail et de ce qu’il coûte quand je me suis lancé. Les auteurs africains ne peuvent pas rester sans se lancer et affirmer a priori que cela va leur coûter cher. En ce qui me concerne, ce ne sont pas toutes les biographies qui m’ont coûté 150 millions. La biographie de Treich-Laplène par exemple, qui était mon premier livre, je l’avais écrite avec des sources que j’avais trouvées en totalité ici en Côte d’Ivoire.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Treich-Laplène était originaire d’une petite ville de Corrèze qui s’appelle Ussel. Là-bas, on prononce Treck-Laplène, et en Côte d’Ivoire, Treich-Lapleine. Je voulais aller là-bas mais je n’avais pas pu le faire, faute de moyens. J’avais donc dû me contenter de documents que j’avais trouvés ici, aux Archives Nationales de Côte d’Ivoire. C’était une documentation qui n’était certes pas complète mais qui était tout à fait intéressante. Je me souviens par exemple du rapport d’exhumation de Treich-Laplène. Voussavez, il était mort ici, au large de Grand-Bassam, dans un paquebot qui devait l’amener se soigner au Sénégal. C’était dans la nuit du 9 au 10 mars 1890. Il avait été enterré à Bassam le 10 mars. D’ailleurs on peut voir sa tombe encore aujourd’hui au Quartier France. Mais un an après, on l’avait exhumé pour amener ses restes à Ussel. Et donc le rapport de son exhumation était ici. Je me souviens encore de l’émotion qui m’avait envahi quand j’étais tombé sur ce document. La cire avec laquelle on l’avait cacheté était complètement réduite en poussière. C’était un document que je n’aurais peut-être pas trouvé à Ussel. Donc il y a des choses ici, avec lesquelles ont peut travailler sans avoir à débourser des millions.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je m’étais rendu ensuite à Elima, dans la région d’Aboisso. J’avais mis mes pas dans les pas de Treich-Laplène, dans ce petit village que les gens du cru eux-mêmes appellent Mbouinou encore M’mouin. Ils m’avaient expliqué que ce nom était une déformation de Amoin, et que c’était le nom d’un génie de la localité. Treich-Laplène avait supervisé dans ce village les travaux de construction d’une grande maison de son patron Arthur Verdier, qu’il appelait la Maison blanche, ainsi que la réalisation d’une grande plantation de café de plus d’un millier d’hectares. Il faut dire au passage que c’était son patron Arthur Verdier qui avait introduit le café en Côte d’Ivoire dans ces années 1880 où Treich-Laplène se trouvait en Côte d’Ivoire. J’avais donc écrit mon livre en combinant les enseignements du terrain et les informations recueillies dans les archives, et surtout, je le répète, sans que cela me coûte des millions.&nbsp;J’ai également travaillé sur Alioune Diop, essentiellement avec dela documentation que j’avais trouvée ici. Certes j’avais eu l’occasion de compléter mes sources grâce à quelques voyages effectués à Paris et à Rome. Mais l’essentiel de ma doc était disponible ici en Côte d’Ivoire. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est vraiment avec Houphouët-Boigny que je ferai l’expérience du coût dans la production des biographies. Mais il est vrai que c’était un personnage d’une envergure différente.&nbsp;Par conséquent ce ne sont pas toutes les biographies qui vont entraîner systématiquement un coût prohibitif. Pour en revenir à votre question, je pense que le vrai frein, chez mes collègues chercheurs et écrivains africains, est la volonté de se lancer. Elle manque souvent.&nbsp;Il y a un deuxième obstacle à la production de biographies chez les intellectuels africains. C’est un obstacle qui est, si j’ose dire, d’ordre épistémologique. C’est la difficulté à accepter la biographie en particulier, les récits de vie en général, comme un vrai genre littéraire.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vous savez, vous comme moi avons appris à l’école qu’il existe trois genres littéraires : le roman, la poésie et le théâtre. Moi, j’affirme que cette répartition est inacceptable. Pour deux raisons. La première raison tient au fait que ces genres littéraires sont fixés ainsi par pure commodité. Sinon tout est dans tout. Quand vous prenez le théâtre par exemple, vous pouvez y trouver de la poésie comme on peut le voir dans le théâtre français du XVIIe siècle jusqu’au XIXe, chez Corneille, Racine, Molière, chez Voltaire, chez Hugo. Souvenez-vous dans Le Cidde Corneille qui est une œuvre dramatique&nbsp;:&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie !&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers ? »&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est une parole rimée. C’est à la fois du théâtre et de la poésie.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Mon bras qu’avec respect toute l’Espagne admire,&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mon bras qui tant de fois a sauvé cet empire,&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tant de fois affermit le trône de son roi,&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Trahit donc ma querelle et ne fait rien pour moi »…&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">De même, dans le roman, on peut trouver de la poésie, surtout depuis que la rime a laissé la place aux vers libres. De ce fait, je pense que la vision ou les analyses qui consistent à tout fonder sur les genres littéraires, c’est une attitude qu’il faut absolument relativiser.&nbsp;La deuxième raison pour laquelle le regroupement des œuvres littéraires dans les trois genres que sont la poésie, le théâtre et le roman est inacceptable, tient au fait que cette approche conduit à attribuer indûment au roman le statut de genre littéraire. Car à côté du roman, vous avez les contes, vous avez les nouvelles, vous avez les fables. Tous ces types de récits qui ne sont pas des romans, où est-ce qu’on les classe ? Personnellement ma thèse est la suivante&nbsp;: on peut convenir que la poésie est un genre littéraire acceptable, parce qu’il y a de fortes spécificités qui font que la poésie peut se distinguer comme telle. On peut convenir que le théâtre est un genre littéraire parce qu’il y a defortes spécificités qui font qu’on peut l’accepter comme tel. Il me semble en revanche difficile de convenir que le roman est un genre littéraire. Le roman me semble être en fait un sous-genre d’un genre que j’appelle le récit. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une fois posé ce postulat, je distingue deux catégories de récits. Je distingue les récits de fiction, où je classe donc le roman, la nouvelle, les contes, les fables, etc. Et je distingue les récits factuels, qui sont à l’opposé de la fiction. Dans les récits factuels, je classe les récits de voyage qui ont été souvent produits par de grands auteurs, comme par exemple l’André Gide du Voyage au Congo, du Retour du Tchad, du Retour de l’URSS. Je classe encore, dans les récits factuels, les reportages qui ont une grande teneur littéraire comme on peut en lire chez Joseph Kessel ou chez Albert Londres. Et bien sûr dans les récits factuels, je classe les biographies. Ce sont des récits factuels en ce sens qu’on ne peut rien inventer en les écrivant, justement parce qu’elles ne sont pas de la fiction.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le roman n’a donc pas à se parer, tout seul, du statut de genre littéraire et, comme l’arbre qui cache la forêt, imposer le rejet de la biographie aux oubliettes. Je dis là une chose qui semble évidente mais dont peu de mes collègues écrivains sont convaincus. Si nous étions plus nombreux à en être convaincus, peut-être serions aussi nombreux à produire des biographies que nous le sommes à produire des romans. &nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant de m’arrêter, je voudrais avancer une dernière raison à la pauvreté de la production de biographies en Afrique. C’est parce que les programmes scolaires ne proposent aucune œuvre biographique aux élèves et aux étudiants. Où et comment les Africains ont appris à écrire des romans, de la poésie, du théâtre ? Sur les bancs de l’école et en lisant des romans, de la poésie et du théâtre. Je pense que s’il leur était proposé également la lecture et l’étude d’œuvres biographiques, ils y trouveraient des modèles à imiter. L’absence d’offres dans les programmes scolaires a cette conséquence grave, qui nuit à la connaissance de nos grandes figures. Hélas, aujourd’hui comme hier, on peut arriver au bout de ses études, y compris les études littéraires, sans avoir jamais ouvert une biographie. Et donc sans avoir jamais eu la possibilité de s’éveiller à l’intérêt de ce genre. Cela me paraît être un combat à mener. La biographie est aujourd’hui, à l’heure où je vous parle, le genre qu’on produit le plus dans le monde entier, sauf en Afrique. Personnellement je trouve cela scandaleux, parce qu’en Afrique aussi, nous avons de grands hommes, nous avons de grandes femmes, nous avons de grandes figures, et c’est à nous de les identifier, de les hisser sur le pavois, pour que nos concitoyens tirent les leçons de leur parcours en vue de l’édification harmonieuse de nos sociétés.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>CultureNoushi :&nbsp; En tant que l’un des rares biographes ivoiriens, quelles actions menez-vous pour pallier le manque de biographes ?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>F. Grah Mel : </strong>D’abord, écrire moi-même. Il y a tellement de travail à faire. Ensuite recueillir la parole de nos devanciers qui sont encore de ce monde. En 2005, c’était le centenaire de la naissance de Félix Houphouët-Boigny. A cette occasion, j&rsquo;avais voulu donner la parole à 100 personnes pour recueillir 100 témoignages sur le thème : « Rencontres avec Houphouët-Boigny ». J’avais publié, à la fin, deux volumes de 96 témoignages. Ces auteurs ont raconté leurs relations, leur connaissance, leur pratique du président Houphouët-Boigny. Donner ainsi la parole à nos aînés et recueillir leur récit sont de choses qu’il nous faut faire. J’ai aimé, beaucoup aimé l’initiative qu’a prise tout récemment Jean-Louis Ménann-Kouamé, qui a fait un livre sur les pères fondateurs de notre pays. J’ai beaucoup aimé son initiative, parce qu’elle vient en complément de ce que j’ai fait sur Houphouët. Houphouët-Boigny a été une grande figure. Mais il n’aurait rien été sans un grand ensemble de gens qui ont été à ses côtés et qui l’ont aidé à devenir Houphouët-Boigny. Et Jean-Louis Ménann-Kouamé est parti avec le projetde faire connaître ces grandes personnalités et de les mettre envaleur. Il a travaillé sur 30 personnes dans un premier temps. Je crois qu’il a un projet de 120 personnalités. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Donc voilà; après Rencontres avec Houphouët-Boigny, il y a du travail à faire. Je travaille en ce moment sur une biographie de Philippe Yacé. Voilà une personne qu’il ne faut pas laisser mourir. Après sa mort, disons, naturelle, nous avons le devoir de le ressusciter pour tout ce qu’il a donné à ce pays.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et en dehors de cela, j’ai un projet, dans mon village, de constitution d’une bibliothèque d’au moins un millier de livres,qui seront des livres de trois catégories : premièrement, des biographies, deuxièmement, des mémoires. Et troisièmement, des ouvrages théoriques sur les récits de vie. Donc, je vais réunir dans mon village, dans cet espace sur lequel je travaille en ce moment, ce millier d’ouvrages, et je compte y accueillir des gens qui auront des projets de rédaction de biographies ou des projets de rédaction de mémoires. Si quelqu’un, par exemple, travaille sur le président Ouattara, il ira faire les recherches là où le président Ouattara est passé dans sa vie. Et en venant chez moi, il pourra lire des modèles qui vont possiblement l’aider à attaquer et à conduire son texte. Parce que les sujets sont toujours très vastes et on peut ne pas savoir comment s’y prendre pour les aborder. Moi, quand je travaillais sur Houphouët-Boigny, j’étais parti vraiment la fleur au fusil. Mais je ne savais pas comment aborder le sujet. Et c’est une biographie consacrée par Henri Troyat à Baudelaire qui m’avait débloqué. Henri Troyat explique dans cette biographie que Baudelaire étaitle fils d’un prêtre défroqué. Et il commence son récit avec un premier chapitre consacré au père de Baudelaire, l’ancien prêtre défroqué, le poursuit avec un deuxième chapitre consacré à la mère de Baudelaire, et un troisième chapitre consacré au mari de sa mère qui a élevé le poète. Je me souviens que celle lecture m&rsquo;avait proprement délivré. Comment ? Comme vous le savez, on disait d’Houphouët-Boigny qu’il était le fils d’un Sarakolé, le fils d’un Gouro, etc, tout sauf le fils d’un Baoulé. Donc j’ai consacré un premier chapitre à toute la rumeur sur Houphouët-Boigny, que j’ai conclu en disant : « Mais ce personnage si chargé, si grimé, il mérite d’être décapé. Qui est le vrai Houphouët ? » Et donc chapitre 2, le père d’Houphouët. Chapitre3, la mère d’Houphouët. Chapitre 4, sa grande-tante Ya Nso qui l’avait élevé, etc. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce livre sur Baudelaire m’avait donc vraiment débloqué. Et c’est ce que je souhaite que les gens trouvent chez moi. En lisant des modèles, ils verront comment aborder leur sujet, parce que ce n’est pas très simple d’entrer dans un personnage. La biographie de Bédié, je la commence en disant qu’il est né un jour de pluie. La pluie et l’eau étaient des phénomènes extraordinaires chez lui. J’ai donc estimé que je pouvais entrer dans le personnage par ce biais. Peut-être qu’entrer ainsi, par un biais particulier, propre à un personnage, est une approche qui va influencer un jeune auteur aux prises avec son sujet. Je voudrais, dans tous les cas, recevoir chez moi quelques jeunes, quelques intellectuels, que ce genre intéresse ou intéressera, de manière à ce qu’on puisse être un peu plus nombreux à nous occuper de nos grandes figures, de nos grandes personnalités, et que nous ne disparaissions pas sans avoir laissé les moyens d’une transmission.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>CultureNoushi :&nbsp; Qu’est-ce qui a milité en faveur de Félix Houphouët-Boigny pour qu’il bénéficie de trois tomes de plus de 800 pages que les autres ?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>F. Grah Mel : </strong>J’ai écrit 2 000 pages au total, mais les trois tomes, ça s’est imposé à moi. J’étais parti avec un projet de deux tomes. Le premier tome devait aller de sa naissance à 1960, et le second, de 1960 à sa mort en 1993. Et puis, quand j’ai fini le tome 1, il faisait un volume de plus de 800. Les éditeurs avaient dû opter pour des caractères de police vraiment petits pour éviter que le volume ne soit trop gros. Or quand j’ai fini le tome 2, j’avais un tapuscrit de 1 200 pages. Et ils m’ont demandé si moi-même, à l’âge que j’avais, si j’étais à l’aise pour lire un volume aux caractères de police encore plus petits. Voilà comment on en est arrivé à décider que le tome 2 soit cassé en deux nouveaux volumes d’à peu près 600 pages chacun. Donc, j’ai subdivisé ce tome 2 en un volume allant de 1960 à 1980 et un dernier volume allant de 1980 à 1993. Les sujets abordés dans ces volumes sont la mise en place des institutions dans le jeune pays indépendant, le développement de la Côte d’Ivoire, la diplomatie, les difficultés économiques et la fin, marquée par les difficultés de la succession, etc.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Donc voilà&nbsp;! Maintenant, votre question a un deuxième volet. Comment Houphouët s’est imposé à moi ? En d’autres termes, comment j’ai eu l’idée de travailler sur Houphouët ? Écoutez, je n’étais pas un familier d’Houphouët. Quand il disparaît en 1993, comme tous les Ivoiriens, je suis assailli de questions. Qu’est-ce qu’on allait devenir ? Qu’est-ce que la vie serait sans Houphouët&nbsp;? etc. Et comme je m’intéressais au genre biographique depuis longtemps &#8211; j’ai ici un petit texte d’André Maurois, qui est une biographie de Voltaire. C’est l’un des premiers textes biographiques que j’ai lus, il y a très longtemps. Il m’avait vraiment plu et cela m’avait amené à lire la plupart des biographies écrites par André Maurois, jusqu’à ses mémoires. C’est une très, très belle plume, André Maurois. Je le conseille à tous ceux qui tombent sur ses livres. Il y a une biographie de Disraeli, le Premier ministre britannique Disraeli, qui est un délice. Une biographie de Chateaubriand. C’est vraiment une grande plume… Comme je m’intéressais donc au genre biographique, je vais être amené à m’occuper d’Houphouët d’une façon tout à fait fortuite. &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un ami qui travaillait dans une entreprise d’Abidjan m’appelle un jour et il me dit : « Écoute, Frédéric, nous avons un problème de communication dans la boîte où je suis, aide-nous à le gérer. » Je lui réponds que ça ne m’intéresse pas. Et puis finalement, nous nous occupons de ce problème, cet ami et moi, et nous le réglons. Je rencontre ensuite le patron de la boîte. Je vois qu’ilne verrait pas d’un mauvais œil que je rejoigne l’entreprise pour m’occuper de la communication.&nbsp;Quand je lui laisse entendreque ça ne m&rsquo;intéresse pas, il est surpris. «&nbsp;Vous êtes jeune, me laisse-t-il entendre. Vous pouvez gagner beaucoup d’argent en venant travailler dans ma boîte. Qu’est-ce que vous voulez faire&nbsp;? » Non sans une certaine naïveté, je lui réponds que je veux écrire des livres. Il se fait que dans la période, je sortais mon livre sur Yago. Le patron de la boîte me dit : « Je vais venir à la présentation de ce livre. » Effectivement, il vient. C’était à la librairie Carrefour à Cocody. Il achète un exemplaire que je lui dédicace.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus tard, nous convenons que, au lieu de travailler dans son entreprise, je fasse une étude de la politique de la communication dans son groupe et qu’il recrute ensuite un communicant qui mettrait en œuvre les conclusions de l’étude. Le patron accepte cette offre et l’étude commence.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le cadre de cette étude, je demande à rencontrer des groupes industriels de la dimension de son groupe pour voir la politique de communication qui y était appliquée. J’identifie ainsi un groupe industriel important de la place d’Abidjan. Quand je téléphone pour prendre rendez-vous avec le responsable de la communication, je tombe sur une Française qui me demande sije suis bien Monsieur Frédéric Grah Mel. « Eh bien, MonsieurGrah Mel, me dit-elle, j’ai hâte de vous rencontrer. Vous savez, poursuit-elle, avant de venir m’occuper de la communication dans le groupe où je suis, j’étais directrice de l’Opéra de Nice. Quand il m’a fallu venir dans votre pays, j’ai lu des petites choses sur la Côte d’Ivoire pour connaître le pays. Et je suis tombée ainsi sur un petit livre consacré à Marcel Treich-Laplène. Est-ce que c’est vous l’auteur de ce livre ? » Je réponds Oui. «&nbsp;Dans ce cas, me dit-elle, dépêchez-vous de venir. Je serais très heureuse de vous rencontrer. Vous savez, j’ai lu après Treich-Laplène, votre livre sur Alioune Diop, et je viens d’acheter le livre sur Yago que je conseille à tout le monde autour de moi…&nbsp;»&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je rencontre donc cette dame et c’est elle qui m’explique que, avec les trois premières biographies que j’ai consacrées à Treich-Laplène, à Alioune Diop et à Bernard Yago, j’ai désormais de l’exercice pour commencer un travail sur Houphouët-Boigny. Cette dame, je ne l’ai plus revue jusqu’aujourd’hui où je vous parle. Je donnerais beaucoup pour la retrouver. Ne serait-ce que pour lui offrir un exemplaire du livre que j’ai fait après elle. C’est elle qui me met donc l’idée dans la tête. Sur le champ, je lui dis : « Mais Madame, vous ne pensez pas cela&nbsp;! Je n’en ai pas les capacités. Non, arrêtez ça, je ne serai pas capable. » Elle insiste :« Monsieur Grah Mel, je vous le dis, j’ai lu vos trois premierslivres, et je pense que vous avez de l’exercice, vous devriez vous lancer. »&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà comment est né ce projet sur Houphouët-Boigny. Je ne savais pas que je mettais le pied dans une longue, longue, longue aventure. Ça m’a pris douze années, mais bon, voilà&nbsp;! &nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>CultureNoushi :&nbsp; Comment est-ce que vous, en tant que biographe, pendant ces douze années, vous avez pu écrire cette biographie sans tomber dans l’éloge et, de l’autre côté, sans tomber dans le blâme ? Comment êtes-vous arrivé à maintenir cet équilibre ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>F. Grah Mel :</strong> D’abord, le personnage est passionnant et on ne peut pas faire une biographie si on n’éprouve pas de la passion pour son sujet. Vous dormez avec lui, vous mangez avec lui, vous bavardez avec lui, vous faites tout avec lui. Si dans ces conditions, vous n’éprouvez pas un minimum de sympathie pour lui, c’est très, très, très difficile. Vous êtes toujours guetté par le risque de tomber dans le pamphlet. Or, il ne faut pas. Donc, il y a cela, la passion que le personnage vous inspire. Moi, je considère que si on n’éprouve pas de la passion pour son sujet, il vaut mieux abandonner.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deuxièmement, je me suis donné, comme biographe, quelques critères simples. Premier critère simple, j’estime qu’une biographie, c’est une biographie. C’est un type d’écrit qu’il faut distinguer de deux genres voisins&nbsp;: le pamphlet et l’hagiographie. Le pamphlet, quand on est contre le personnage, et l’hagiographie, quand on lui est excessivement favorable. Je pense qu’il faut se garder de ces deux écueils en permanence. Donc, il faut se surveiller soi-même. Une biographie, c’est une épreuve pour soi-même, pour vous qui écrivez. Vous devez avoir assez de vigilance envers vous-même pour ne pencher ni à droite ni à gauche, pour rester, comme disent les jeunes aujourd’hui, focus sur son sujet.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autre critère simple, j’estime qu’aucun être humain n’est parfait. Aucun. Tout homme a ses faiblesses et ses forces, ses défauts et ses qualités. Et moi, je pars du principe que quand on écrit sur un personnage, c’est pour le donner en modèle et aider vos lecteurs, en leur offrant ce personnage, à s’élever eux-mêmes. Donc, globalement, j’essaie d’éviter les aspects qui peuvent manquer d’élever mes lecteurs. D’abord, au nom du fait que personne n’est parfait, moi moins que le sujet sur lequel je travaille. Et deuxièmement, au nom du souci d’élever mes lecteurs. Ce critère est très important à mes yeux. Par conséquent je n’insiste sur les faiblesses de mon personnage que quand cela est vraiment nécessaire pour éclairer sa personnalité ou son œuvre. S’il s’agit d’exposer les faiblesses pour exposer les faiblesses, je dis non. Par exemple, quand Houphouët-Boigny organise les faux complots, je crois devoir en parler d’abord parce qu’il y a une attente d’information et de compréhension chez les Ivoiriens. Ensuite parce que cette initiative est un moment majeur dans la politique du président. Elle projette un caractère et une cruauté auxquels il ne me semble pas suffisant de s’arrêter. Il faut aussi voir le moyen qu’il se donne pour construire la Côte d’Ivoire. Il avait pris du temps pour expliquer, en particulier aux jeunes qu’il avait lui-même envoyés aux études en 1946. Il leur avait beaucoup expliqué etavait beaucoup débattu avec ces jeunes. Puis est arrivé un moment où il avait estimé que, comme homme politique, il devait agir. Et il avait agi. Il avait beaucoup terrifié le pays. Ce qui s’était passé était globalement dommage&nbsp;; il faut le regretter, le déplorer, le reprocher même à Houphouët-Boigny. Mais la raison pour laquelle on ne peut pas éviter ce sujet ne peut pas être tout simplement de stigmatiser la cruauté des chefs. Vous savez,nous, nous sommes dans nos salons, nous critiquons, nous regardons, nous jugeons, nous avons le beau rôle. Mais l’homme politique, il doit agir. Et parfois en sortant les dents. La politique n’est pas une chose facile. Je me demande si beaucoup de gens qui entrent dans cette profession sont préparés&#8230;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Donc voilà quelques critères qui guident mon travail, quelques critères auxquels je me tiens. Je lis des textes où les auteursprivilégient résolument de monter en épingle les petits côtés des grands hommes. Franchement, ce n’est pas le choix que je fais. Ce n’est pas mon choix.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> Propos recueillis par  <strong><em>Jibril Amin</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Nicole Vincileoni : plus de 40 ans consacrés à l’analyse et à la préservation de la mémoire littéraire de Bernard B. Dadié</title>
		<link>https://culturenoushi.com/2026/06/18/nicole-vincileoni-plus-de-40-ans-consacres-a-lanalyse-et-a-la-preservation-de-la-memoire-litteraire-de-bernard-b-dadie/</link>
		
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		<pubDate>Thu, 18 Jun 2026 05:07:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Interviews/Portaits]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nicole Vincileoni est la gardienne de l’immense œuvre littéraire du père fondateur de la littérature ivoirienne. Spécialiste de Bernard Dadié reconnue mondialement,</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Nicole Vincileoni est la gardienne de l’immense œuvre littéraire du père fondateur de la littérature ivoirienne. Spécialiste de Bernard Dadié reconnue mondialement,</strong> professeure agrégée et chercheuse spécialiste de la littérature africaine francophone, elle a consacré la majeure partie de sa carrière académique à la recherche, à l’analyse des textes et à la documentation de l’œuvre de Dadié. Afin de rendre ses travaux accessibles, elle a publié trois essais sur l’univers de Dadié : L’Œuvre de Bernard B. Dadié (1986-1987, Les Classiques Africains), De la ville à la cité désirée : un parcours dans l’œuvre de Dadié (2018, Les Classiques Ivoiriens) et L’ancrage au féminin de l’œuvre de Bernard B. Dadié (2019, Les Classiques Ivoiriens). Aujourd’hui encore, plus de quarante ans après sa thèse soutenue en 1985 à l’Université Paris XII sur Dadié, Nicole Vincileoni continue de veiller sur l’héritage de cette figure tutélaire de la littérature ivoirienne. Le mardi 16 juin 2026, j’ai eu l’occasion de la revoir, près de deux ans après l’avoir découverte lors d’une rencontre littéraire à la Cité des Arts, à Cocody. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La rencontre s’articulait autour des figures tutélaires de la littérature ivoirienne. Ce jour-là, cette dame d’un âge avancé, frêle et de petite taille, m’a fasciné par sa connaissance de l’homme qu’elle étudie depuis quatre décennies. En « djidji », elle connaît son sujet dans les moindres détails. Lorsqu’il s’agit de Dadié, Nicole est intarissable. La simple énonciation du nom « Dadié » décuple sa loquacité, ravive ses souvenirs. « Ça sort comme ça sort. » Une sorte de transe dont on la ressort difficilement. Aussitôt, la discussion fait place à un monologue dès qu’elle prend la parole.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ce matin du 16 juin, j’étais disposé à l’écouter religieusement me relater la vie de cet homme depuis sa naissance à Assinie en 1916, son passage à l’école de Bingerville, à l’école William-Ponty de Dakar, jusqu’à son décès à l’âge de 103 ans, le 9 mars 2019 à Abidjan. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant cette rencontre, mes recherches m’avaient révélé un fait que je pressentais plus ou moins au sujet du lien entre cet écrivain et Nicole. Leur relation a dépassé le cadre professionnel. Et Nicole l’affirme dans le discours d’adieu qu’elle a prononcé le 12 avril 2019 aux funérailles de Bernard B. Dadié, à Abidjan, sur le parvis de la Cathédrale Saint-Paul. Voici un extrait du texte : « Dadié ! C’est avec timidité et reverentia que l’on s’approche de vous comme on approche ces géants enneigés du cœur de l’Afrique. » C’est littéralement de la révérence, de la dévotion qu’elle voue à Dadié. Elle le place dans une dimension sacrée. Et c’est clairement perceptible lorsqu’on rencontre Nicole. Elle parle de lui avec solennité et emphase.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À 11 h 22, mon taxi me dépose à l’endroit indiqué par le GPS comme étant mon lieu de rendez-vous. Sans panneau ni aucune signalétique indiquant la fondation, j’appelle Nicole pour éviter de m’égarer. Nous nous croisons au portail de la maison de Dadié, qui fait aujourd’hui office de fondation dans la commune de Cocody. J’étais à moins de 100 mètres. Au premier étage, une pièce aménagée en bibliothèque conserve soigneusement la mémoire de Dadié. Avant de franchir le seuil, elle m’avertit : « Désolé hein, nous sommes en travaux de réaménagement et numérisation des archives. Donc, il y a un peu de désordre, mais un désordre bien ordonné. » Une dame est assise, tête baissée devant son ordinateur, occupée à vérifier des livres et à remplir un registre. Valencia, l’assistante de Nicole. Il y a des ouvrages versés partout. Des cartons contenant des documents sont déposés pêle-mêle. D’autres sont empilés les uns sur les autres. Les tables sont pleines, les étagères également. À peine si l’on arrive à faire deux pas sans devoir lever le pied pour enjamber un lot de livres. Un beau désordre que j’adore. Mais, je n’ai pas le droit de filmer. Ce sont les consignes. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Hum ! Ça sent le livre par ici. L’odeur du papier moisi et jauni par le temps a embaumé l’atmosphère. Le décor, les sensations olfactives, le toucher, tout respire Dadié dans cette pièce. Je suis saisi par plusieurs émotions que je peine à cacher : excitation, émerveillement, mais aussi tristesse face à ce trésor culturel qui tarde à être numérisé. Ma curiosité me titille. Je veux en savoir davantage sur l’homme, son histoire, sa vie, sur cette pièce, l’histoire derrière chaque tableau accroché au mur et chacune des œuvres de sa bibliothèque. Je veux tout savoir. Heureusement, Nicole est là. Elle connaît au millimètre près toutes les composantes de la fondation. Notre spécialiste se charge de me faire visiter l’antre, le sanctuaire du père des lettres ivoiriennes. Elle me raconte avec précision les anecdotes et les circonstances liées à chaque objet ayant appartenu à Dadié.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De sa collection de Balzac aux archives des articles publiés dans les journaux et revues, en passant par ses notes et correspondances, tout est soigneusement rangé, en attente d’être numérisé. C’est rassurant de savoir que l’équipe de la fondation mène des actions pour enfin digitaliser les archives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nos échanges, ou plutôt son monologue, débouchent sur la dimension d’écrivain et d’homme de culture qu’était Dadié. Sa perception du monde, ses combats pour la culture. « Dadié a refusé que ses travaux sortent de la Côte d’Ivoire », souligne Nicole. Je la suis au pas. Sur chaque étagère, devant chaque lot de livres ou tableau où elle s’arrête, j’écoute attentivement. Aucun détail ne doit m’échapper. J’effectue cette première visite dans le cadre d’un reportage à la fondation. Il me faut donc beaucoup d’informations de sources sûres pour mieux le préparer. Au bout de quinze minutes, nous avons fait le tour des différents rayonnages. Nous sommes au centre de la pièce, près de l’assistante. Nicole continue de me parler de sa vision pour la fondation, les projets à venir autour de l’œuvre de Dadié, les contributions à la pérennisation de la mémoire de l’auteur du « Patron de New York ». Tiens, elle me sort son téléphone pour me montrer les travaux d’un jeune Africain résidant en Europe qui a mis en musique un poème de Dadié. Elle remonte sa conversation WhatsApp avec le jeune homme. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle est si heureuse de voir davantage de jeunes s’intéresser à l’homme. Moi, je vis un instant de bonheur en l’écoutant. Mais elle a un autre rendez-vous qui l’attend, et midi approche, son heure de déjeuner qu’elle respecte à la minute près. L’assistante lui rappelle à maintes reprises aussi bien son rendez-vous qui s’impatiente que son heure de déjeuner. La maison de Bernard B. Dadié est devenue comme une seconde maison pour Nicole. À soixante-dix ans révolus, elle occupe le poste de secrétaire générale de la Fondation Bibliothèque-Archives Bernard Binlin Dadié. Chaque jour, elle brave les embouteillages de la ville, de Bingerville à Cocody, pour poursuivre l’œuvre de toute une vie. Chaque jour, avec ses petites mains, elle continue de préserver l’héritage du père de la littérature ivoirienne pour les générations futures. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Jibril Amin </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Zacharie Acafou, Prix MILA de la critique littéraire 2025 : « Le contexte culturel est très important dans l’analyse d’un texte ; il faut se méfier des références »</title>
		<link>https://culturenoushi.com/2026/06/05/zacharie-acafou-prix-mila-de-la-critique-litteraire-2025-le-contexte-culturel-est-tres-important-dans-lanalyse-dun-texte-il-faut-se-mefier-des-references/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Jun 2026 11:59:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Interviews/Portaits]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Loin de sa routine de journaliste culturel et de critique littéraire en France, Zacharie Acafou séjourne actuellement à Abidjan pour quelques semaines.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><b style="font-family: &quot;Helvetica Neue&quot;; font-size: 13px;">Loin de sa routine de journaliste culturel et de critique littéraire en France, Zacharie Acafou séjourne actuellement à Abidjan pour quelques semaines. Une sorte de tradition qu’il ne manque jamais d’honorer chaque fois que l’occasion se présente. Revenir sur les bords de la lagune Ébrié pour se ressourcer, échanger avec ses frères sang, retrouver sa famille et les proches.</b> <b style="font-family: &quot;Helvetica Neue&quot;; font-size: 13px;">C’est également pour lui l’occasion de se mettre à jour sur les nouveautés et de suivre les évolutions de la littérature ivoirienne. Bien qu’il soit très actif dans le milieu littéraire francophone en France en tant que critique littéraire, Zacharie Acafou manifeste un intérêt constant pour le monde du livre ivoirien. Entre ses multiples occupations, il garde toujours un œil attentif sur ce qui se passe dans son pays d’origine. Il suit les tendances, observe les évolutions, apporte sa contribution et participe à diverses initiatives littéraires.</b><b style="font-family: &quot;Helvetica Neue&quot;; font-size: 13px;"></b><br><p style="margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; font-style: normal; font-variant-caps: normal; font-width: normal; font-size: 13px; line-height: normal; font-family: &quot;Helvetica Neue&quot;; font-size-adjust: none; font-kerning: auto; font-variant-alternates: normal; font-variant-ligatures: normal; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-variant-position: normal; font-variant-emoji: normal; font-feature-settings: normal; font-optical-sizing: auto; font-variation-settings: normal; min-height: 15px;"></p><br><p style="margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; font-style: normal; font-variant-caps: normal; font-width: normal; font-size: 13px; line-height: normal; font-family: &quot;Helvetica Neue&quot;; font-size-adjust: none; font-kerning: auto; font-variant-alternates: normal; font-variant-ligatures: normal; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-variant-position: normal; font-variant-emoji: normal; font-feature-settings: normal; font-optical-sizing: auto; font-variation-settings: normal;"><b>Par ailleurs, il a remporté le Prix MILA de la critique littéraire 2025, une distinction qui met en lumière, depuis trois éditions, le travail souvent méprisé des critiques littéraires francophones. Témoin d’une période faste de la critique littéraire, lorsqu’elle occupait une place importante dans les colonnes des quotidiens ivoiriens, mais aussi de son déclin progressif jusqu’à devenir presque invisible dans le paysage culturel national, Zacharie se réjouit aujourd’hui du regain d’intérêt pour ce genre. Surtout chez les jeunes, de plus en plus nombreux à s’intéresser à l’analyse des textes littéraires. Grâce à Internet et aux réseaux sociaux, ils contribuent à rendre accessible une discipline qui s’était renfermée dans son cocon universitaire.</b> <b>Délaissée par les journaux au profit des «gbairais» jugés plus croustillants. Mais à présent la critique littéraire connaît une véritable renaissance. Face à ce nouveau souffle, nous avons profité du séjour de Zacharie Acafou, critique littéraire ayant l’avantage d’évoluer entre les univers littéraires français et ivoirien, pour recueillir son avis. Dans cet entretien accordé à <i>CultureNoushi</i>, nous abordons la question des outils et des références culturelles sur lesquels s’appuient les critiques littéraires ivoiriens dans leur lecture et leur évaluation des œuvres nationales.</b></p><br><p style="margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; font-style: normal; font-variant-caps: normal; font-width: normal; font-size: 13px; line-height: normal; font-family: &quot;Helvetica Neue&quot;; font-size-adjust: none; font-kerning: auto; font-variant-alternates: normal; font-variant-ligatures: normal; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-variant-position: normal; font-variant-emoji: normal; font-feature-settings: normal; font-optical-sizing: auto; font-variation-settings: normal; min-height: 15px;"></p><p style="margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; font-style: normal; font-variant-caps: normal; font-width: normal; font-size: 13px; line-height: normal; font-family: &quot;Helvetica Neue&quot;; font-size-adjust: none; font-kerning: auto; font-variant-alternates: normal; font-variant-ligatures: normal; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-variant-position: normal; font-variant-emoji: normal; font-feature-settings: normal; font-optical-sizing: auto; font-variation-settings: normal;"><b>CultureNoushi : Pensez-vous que les outils ou les références culturelles qu’utilisent souvent les critiques littéraires ivoiriens sont adaptés au contexte culturel ivoirien ? Est-ce que les références étrangères n’entravent pas la créativité ivoirienne ?</b></p><p style="margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; font-style: normal; font-variant-caps: normal; font-width: normal; font-size: 13px; line-height: normal; font-family: &quot;Helvetica Neue&quot;; font-size-adjust: none; font-kerning: auto; font-variant-alternates: normal; font-variant-ligatures: normal; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-variant-position: normal; font-variant-emoji: normal; font-feature-settings: normal; font-optical-sizing: auto; font-variation-settings: normal; min-height: 15px;"></p><p style="margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; font-style: normal; font-variant-caps: normal; font-width: normal; font-size: 13px; line-height: normal; font-family: &quot;Helvetica Neue&quot;; font-size-adjust: none; font-kerning: auto; font-variant-alternates: normal; font-variant-ligatures: normal; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-variant-position: normal; font-variant-emoji: normal; font-feature-settings: normal; font-optical-sizing: auto; font-variation-settings: normal;"><b>Zacharie Acafou : C’est une excellente question. J’ai souvent peur des références. Déjà, à l’entame de mon propos, je souhaiterais dire quelque chose qui est un fait. La critique littéraire franco-française, c’est l’ancêtre. Elle existe depuis longtemps, avant même qu’une critique littéraire ivoirienne soit née.En revanche, mon propos s’inscrit dans le fait qu’il est important de ne pas faire certaines choses. Ce serait une erreur de faire ça. Parce que la littérature ivoirienne est radicalement différente de la littérature française. On ne peut pas comparer les deux.</b></p> <p style="margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; font-style: normal; font-variant-caps: normal; font-width: normal; font-size: 13px; line-height: normal; font-family: &quot;Helvetica Neue&quot;; font-size-adjust: none; font-kerning: auto; font-variant-alternates: normal; font-variant-ligatures: normal; font-variant-numeric: normal; font-variant-east-asian: normal; font-variant-position: normal; font-variant-emoji: normal; font-feature-settings: normal; font-optical-sizing: auto; font-variation-settings: normal;"><b>Moi, je souhaiterais qu’on évite qu’en termes de références, un critique littéraire ivoirien copie le discours d’un critique littéraire français. Ce serait déjà biaiser le jeu. Parce qu’on a déjà deux littératures différentes. Quand on prend la littérature de Tiburce Koffi, elle est différente de celle d’un écrivain français.Donc, on est dans deux milieux différents où l’on a des influences sociologiques, culturelles et politiques différentes. Voilà, on est sur autre chose. Après, je pense que la critique littéraire ivoirienne est assez jeune. Il faut le dire, elle est très jeune. Parce que, de mémoire, on a eu la critique ivoirienne, mais on est restés vraiment dans un milieu très universitaire. Ce sont des universitaires, de grands professeurs aujourd’hui, qui ont travaillé là-dessus et qui ont fait des choses assez extraordinaires. Mais cela restait encore de la critique universitaire.Et qui dit critique universitaire dit quelque chose qui n’est pas forcément donné à tout le monde, qui n’est pas toujours accessible. Certes, elle existait, mais elle n’était pas forcément accessible aux journalistes.Depuis quelques années, environ dix ou quinze ans, on a des journalistes culturels qui commencent à émerger, qui commencent à donner leurs avis de lecture. Moi, je pense que la critique littéraire ivoirienne existe. Même si elle est plus récente, elle existe. Son péché serait de prendre pour référence la critique littéraire française. Ce serait un mauvais jeu. On peut peut-être imiter certains aspects du discours, mais de là à reprendre toute la construction syntaxique, la logique ou encore la construction du raisonnement, tout cela doit être propre aux critiques littéraires ivoiriens.</b></p><br></p>
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		<title>Jean-Pierre Mukendi, une plume prolifique et insatiable : « Je n’ai publié que 67 ouvrages, Alexandre Dumas en a plus de 300. »</title>
		<link>https://culturenoushi.com/2026/05/28/jean-pierre-mukendi-une-plume-prolifique-et-insatiable-je-nai-publie-que-67-ouvrages-alexandre-dumas-en-a-plus-de-300/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 May 2026 20:45:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Interviews/Portaits]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>&#160; « Pépé Mukendi » ou « Papa Mukendi » : c’est par ces surnoms affectueux que les lecteurs l’interpellent lors des</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>« Pépé Mukendi » ou « Papa Mukendi » : c’est par ces surnoms affectueux que les lecteurs l’interpellent lors des séances de dédicaces.&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">De passage chez <em>Culturenoushi</em> dans <em><strong>Papolitteraire</strong></em>, l&rsquo;auteur nous a permis de faire un tour d’horizon de son riche parcours.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Né à Kananga, en République Démocratique du Congo, il s&rsquo;est installé en Côte d’Ivoire où il enseigne les Lettres Modernes dans le secondaire ainsi que les écrits professionnels dans l’enseignement supérieur depuis 1985. Jean-Pierre Mukendi est une véritable star auprès des jeunes lecteurs ivoiriens. Il ne passe jamais inaperçu lors des événements littéraires du pays. Remarquable par sa taille bien au-dessus de la moyenne, il a su donner la même envergure à sa bibliographie. Il est l’auteur de 67 ouvrages publiés, et il ne compte pas s’arrêter là.<strong> </strong>Il a de nombreux projets qui sont en attente d’édition</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’instar de l’écrivain français Alexandre Dumas, qui a publié plus de 300 livres entièrement à la plume au XIXe siècle, Mukendi compte publier tant qu’il le pourra. Face à ceux qui estiment qu’il en fait trop, il rétorque qu’il a encore beaucoup à offrir : <em>« On dit que j’ai beaucoup écrit, mais est-ce que vous connaissez Alexandre Dumas, qui a plus de 300 livres publiés ? »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Tant pour les adultes que pour la jeunesse, Papa Mukendi trempe sa plume dans tous les genres lorsque l’inspiration le saisit. Romans, théâtre, poésie ou littérature de jeunesse : il explore tous les univers, soit pour transmettre des leçons de vie, soit pour procurer des émotions. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon ses propres mots, l’inspiration est comparable à une femme enceinte : <em>« Quand une femme est enceinte, elle est obligée d’accoucher. Quand on a l’inspiration, même à 3 heures du matin, on se réveille pour écrire. Donc, quand ça vient, j’écris. »</em> Même lorsqu&rsquo;il tente de se retrancher pour s’éloigner de sa routine d’écrivain, il se sent parfois poursuivi par un esprit qui lui chuchote à l’oreille : <em>« Il faut écrire »</em>. Un appel tellement insistant qu’il finit toujours par y succomber. Avec 67 productions littéraires à son actif, il s&rsquo;impose incontestablement comme l’un des écrivains les plus prolifiques de sa génération. À la retraite depuis plusieurs années, Papa Mukendi se consacre entièrement à l’écriture, entre écriture, dédicaces, foires et salons du livre.&nbsp;</p>
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		<title>Fatou Keïta ou la voix de la littérature ivoirienne</title>
		<link>https://culturenoushi.com/2026/05/25/fatou-keita-ou-la-voix-de-la-litterature-ivoirienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 May 2026 19:18:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Interviews/Portaits]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Née à Soubré en 1955, Fatou Keïta s’impose aujourd’hui comme l’une des figures importantes de la littérature ivoirienne contemporaine. Universitaire et romancière,</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Née à Soubré en 1955, <em>Fatou Keïta</em> s’impose aujourd’hui comme l’une des figures importantes de la littérature ivoirienne contemporaine.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Universitaire et romancière, elle est titulaire d’un doctorat en études anglo-saxonnes et a enseigné à Université Félix Houphouët-Boigny, anciennement Université de Cocody, à Abidjan. Son parcours académique, marqué par des études en France, au Royaume-Uni et aux États-Unis, a fortement nourri une pensée littéraire ouverte aux problématiques interculturelles et aux enjeux sociaux contemporains. Cette double posture d’enseignante et d’écrivaine lui permet de développer une écriture à la fois pédagogique, engagée et accessible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’œuvre de Fatou Keïta se caractérise par une grande diversité thématique et générique. Elle écrit aussi bien pour la jeunesse que pour un public adulte, tout en conservant une même préoccupation : interroger les réalités sociales africaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ses textes abordent des sujets sensibles comme l’excision, la condition féminine, l’identité culturelle, le sida ou encore les tensions entre tradition et modernité. À travers le roman Rebelle publié en 1998, l’autrice dénonce notamment les violences faites aux femmes et les pratiques traditionnelles oppressives. Cette œuvre illustre son engagement en faveur d’une littérature capable de susciter une réflexion critique sur la société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La littérature jeunesse occupe également une place essentielle dans sa production littéraire. Des ouvrages comme Le petit garçon bleu, La voleuse de sourires ou encore Un arbre pour Lollie témoignent de sa volonté d’éduquer et de sensibiliser les jeunes lecteurs aux enjeux humains et sociaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par une écriture simple mais symboliquement forte, Fatou Keïta contribue ainsi au renouvellement de la littérature africaine francophone, en faisant de l’écriture un espace de transmission, de mémoire et de conscience sociale.</p>
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		<item>
		<title>Georgette Zamblé « Mon père était dans une recherche permanente de garçon »</title>
		<link>https://culturenoushi.com/2026/04/06/georgette-zamble-mon-pere-etait-dans-une-recherche-permanente-de-garcon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[admin]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Apr 2026 15:53:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Interviews/Portaits]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Et on trouvait que mon père était malheureux. Il est en train de chercher ses héritiers, sa femme ne lui ramène que</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Et on trouvait que mon père était malheureux. Il est en train de chercher ses héritiers, sa femme ne lui ramène que des filles, il a même fait une escapade conjugale qui lui a ramené encore une fille. Donc le pauvre. Et puis finalement, nous, on était enfants, mais on avait commencé, nous aussi, à la limite, prier et espérer qu’il ait enfin ses héritiers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parce que nous, on n’était pas…<br>on faisait tout pour lui plaire,<br>on faisait tout pour lui faire plaisir.<br>On était ce qu’on peut appeler des enfants modèles. Mais ça ne suffisait pas, et donc on entendait : “toi tu es qui ? Toi, tu n’es qu’une fille”.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais quand un enfant entend cela toute sa vie, l’enfant finit par intégrer cela, au point où l’enfant pense que c’est ce qui est normal.<br>Je suis une fille, je ne suis rien,<br>parce que c’est ce qu’elle a entendu toute sa vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et je peux vous dire que finalement, on se dit que c’est un tort, alors quand on y ajoute toutes les violences qui sont subies par une petite fille simplement parce qu’elle est une fille, on se dit effectivement c’est à croire qu’on me demande de me repentir d’être née avec un sexe féminin que je n’ai pas choisi, mais que je suis fière de porter quand même aujourd’hui » .</p>



<p class="wp-block-paragraph">Écrivaine, docteure en genre et développement, conférencière sur les questions concernant les droits des femmes, les violences faites aux femmes et aux filles, coach pour les femmes leaders, Officier dans l’Ordre du mérite ivoirien, auteure de « La femme de mes rêves », Georgette Zamblé a accordé une interview à Culturenoushi dans laquelle elle partage son parcours, son oeuvre et ses ambitions pour la femme. </p>



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