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Alain Serge Agnessan, Prix Bernard Dadié du jeune écrivain 2019 : « J’ai reçu ce prix comme une forme de reconnaissance de Dadié lui-même »

Prix Bernard Dadié du jeune écrivain 2019, Alain Serge Agnessan ne s’attendait pas vraiment à recevoir ce prix. Pour la petite histoire, il ne voulait même pas postuler, sa décision était motivée par une tendance de cette période. Selon le poète, à cette époque, la quasi-totalité des distinctions était remportée par des romans. De plus, pour sa poésie jugée hermétique, il ne voyait pas l’intérêt de participer au concours. Mais sous l’insistance d’un ami, il dépose finalement sa candidature. Et le vendredi 17 mai 2019, le Prix Bernard Dadié du jeune écrivain l’inscrivait pour toujours parmi les héritiers de Bernard Dadié, avec son poème Carrefour-Samaké. Il partage ici ses impressions.

« Le Dadié est vraiment important pour moi. Et je crois qu’au-delà de ce souvenir-là, j’ai reçu cette annonce de récompense du Prix national Bernard Dadié du jeune écrivain comme une forme de double générosité symbolique. La première, évidemment, vient du fait que lors du centenaire de Bernard Dadié, alors que j’étais encore membre du Collectif Au nom du Slam, j’avais eu l’idée de monter un spectacle de slam en hommage à Bernard Dadié, et on était allés le rencontrer. C’était la première fois que je le rencontrais. On a fait des selfies et tout. On a passé un très bon moment.

Je me rappelle que l’un de nous lui avait demandé : « Papa, c’est quoi le secret pour avoir la longévité ? » Et il a répondu : « Tu veux que je meure ? » Bref, ça montre vraiment à quel point, malgré l’âge, il avait encore le sens de l’humour. Et c’est ça la marque des grands écrivains.

Donc j’ai reçu ce prix-là comme une forme de reconnaissance de Dadié lui-même. Même après son décès. « Dire que, pour m’avoir honoré de mon vivant, évidemment, je t’honore également alors que je suis parti ». Je le vis vraiment comme ça ». 

En plus de son propre prix Bernard Dadié, Serge Agnessan a aussi remporté cette distinction en 2025 en tant qu’éditeur avec le roman de Nincemon Fallé, publié à La Case des Lucioles. En 2024, la poésie de Placide Konan, également publiée à La Case des Lucioles, a reçu la mention spéciale du Grand Prix Bernard Dadié. Fort de ces succès, Serge Agnessan se définit désormais comme le « Zinedine Zidane » de la littérature.