« Je veux que mon nom apparaisse dans l’histoire des écrivains de Côte d’Ivoire. » C’est par ces mots qu’Aminata Sanogo clôt son interview avec CultureNoushi. À 17 ans, Aminata, élève en situation de handicap, fait une entrée remarquable dans le palmarès du Prix littéraire Madeleine Tchicaya des lycéens. Par deux fois, le nom de la jeune lycéenne a retenti au moment de la proclamation des résultats, le vendredi 17 avril 2026. Elle a été désignée lauréate dans la catégorie Nouvelle et dans la catégorie Théâtre.
Trois mois après son sacre, l’équipe de CultureNoushi est allée à sa rencontre. Samedi 11 juillet, Abidjan, Koumassi, quartier Kahira : nous sommes au domicile de la famille Sanogo. Aminata, « la star du jour », comme l’appelle sa mère, nous ouvre la porte. Dès l’entrée, ses deux distinctions, accrochées près de la fenêtre donnant sur le balcon, sont visibles. Sa mère vérifie qu’elle a fini ses tâches du jour avant l’entretien : exercices physiques de rééducation, lecture, petit déjeuner. Ces exercices de rééducation font partie du quotidien de la jeune lycéenne, qui poursuit sa scolarité avec la même détermination malgré son handicap.
Madame Sanogo est aux petits soins pour son enfant. Une mère fière qui ne le cache pas : « Elle travaille bien à l’école, elle fait ma fierté aujourd’hui. Je remercie Dieu pour tout. » Maman Sanogo décroche les distinctions du mur et nous les dispose pour le cadre de l’interview. Notre championne s’installe dans le canapé. Désormais : silence, plateau… Ça tourne ! Les premières minutes sont timides. Au bout de trois essais, Aminata s’habitue à l’ambiance, aux regards qui sont désormais tournés vers elle. La jeune fille se dévoile.
La lecture et l’écriture sont ses passions, et ce depuis un certain temps. « Depuis un certain moment, j’aime la lecture et j’aime l’écriture. » De la maison à l’école, Aminata évolue dans deux environnements favorables à son épanouissement. En classe de seconde, elle prend part aux ateliers d’écriture qu’organise son école. À la maison, elle bénéficie de la complicité de sa sœur aînée, qui lui sert de bêta-lectrice et de correctrice de ses textes. « Grâce aux ateliers d’écriture que mon école organise, j’imagine des histoires et je les écris. J’ai ma grande sœur qui m’aide. Elle les lit et corrige les fautes pour moi.
Depuis que j’ai remporté ces deux concours, on me prend comme un exemple, un modèle dans mon établissement. Pour garder cette exemplarité, je continuerai à travailler et à étudier. Le 17 avril, c’est avec beaucoup de fierté que j’ai reçu les prix. Mes parents étaient présents. Ils étaient tous contents et fiers de moi. Ma maman a pleuré de joie. Je ne savais pas comment contenir cette joie. L’objectif que je me suis fixé après ce concours, c’est de continuer à écrire, car je veux que mon nom apparaisse dans l’histoire des écrivains de Côte d’Ivoire. »
Confiante et déterminée, Aminata Sanogo met aujourd’hui ses vacances à profit en les consacrant à la lecture et aux exercices préparatoires pour son entrée en classe de première.
