Frustrée par le silence qui entourait le lupus ( maladie chronique), par sa méconnaissance et par l’isolement qu’il imposait aux personnes atteintes, Hanna Camara Mangué a décidé d’attirer les regards sur cette maladie à travers son histoire. Mon combat contre le lupus et la drépanocytose est une œuvre autobiographique dans laquelle l’auteure partage ses souffrances, ses combats et son intimité, même dans ses parts les plus sombres, sans aucune censure. Isolée dans la solitude, victime d’abus sexuels et confrontée à des préjugés mystiques, Hanna s’est dévoilée à travers les différentes étapes de sa vie dans un récit poignant, dans le but de venir en aide aux autres. Sorti en mars 2025, son ouvrage a joué un rôle considérable dans la sensibilisation, la démystification et la médiatisation du lupus auprès du grand public. C’est d’ailleurs le seul ouvrage d’un auteur ivoirien qui en parle avec des détails, dans un langage accessible, sans trop de vocabulaire scientifique. Cela a eu un impact remarquable au niveau des malades qui s’assument de plus en plus et sur le regard de la société ivoirienne vis-à-vis de ces malades. Invitée à Papolittéraire, Hanna Camara s’est davantage confiée sur son œuvre, ses motivations et son objectif. Un extrait de l’interview avant la vidéo complète.
CultureNoushi : quel a été le déclic de cet ouvrage ?
Hanna Camara : Le déclic du livre, c’est la solitude, l’incompréhension de l’entourage, le fait de savoir que personne ne comprend ce que j’ai. Les gens parlaient de moi sans vraiment connaître ce que j’endurais. Et ça me blessait franchement. Du coup, je me suis dit : au lieu de chercher à faire comprendre à une seule personne, ou soit à ma famille, parce que j’avais des problèmes avec tout le monde, je vais écrire un livre.
Je vais démystifier cette maladie, je vais apporter de la lumière dessus et je vais faire savoir que nous sommes beaucoup à souffrir en silence. Déjà, c’est une maladie qui rend associale, donc imaginez, il fallait que la lumière soit mise sur cette maladie.
CultureNoushi : Ça fera bientôt un an, en mars 2026, que le livre est sorti. Pensez-vous qu’il a impacté des malades ou le regard des Ivoiriens ?
Hanna Camara : L’impact du livre a dépassé mon entendement. Quand j’ai décidé d’expliquer le lupus, je pensais que j’étais seule. À la sortie du livre, je me rends compte qu’on est plus de 2 000 cas en Côte d’Ivoire. Il y a tellement de personnes qui ont perdu des proches et ce livre a été le bienvenu pour ces personnes.
Il a aussi redonné de l’espoir à certains parents de malades du lupus. Pour les personnes atteintes du lupus, ça a été comme un journal intime dans lequel on mettait des mots sur ce qu’elles vivent au quotidien, en silence. Le livre a été très bien accueilli et j’en suis fière, voilà pourquoi je ne compte pas m’arrêter en si bon chemin.
